Isidore Mikorey-Nilsson
Expert agentic dev et distribution SaaS : il construit les outils d'acquisition qu'il déploie pour les fondateurs de SaaS.
Recommandations issues de notre méthodologie éditoriale.
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À retenir
- Un email parfait ne vaut rien s'il tombe en spam : la délivrabilité est le prérequis qui décide du ROI de tout ton cold email.
- SPF, DKIM et DMARC prouvent que c'est bien toi qui écris. Sans les trois, les grosses messageries te bloquent ou te classent en spam.
- Ta réputation d'expéditeur se construit lentement (warm-up, faible volume, zéro plainte) et se crame en un envoi de masse mal préparé.
Tu peux écrire le meilleur cold email du monde, si ta délivrabilité est cassée, personne ne le lit. C'est le maillon invisible que la plupart des fondateurs découvrent trop tard : après avoir envoyé 500 messages qui ont atterri direct dans l'onglet spam, sans jamais le savoir. La délivrabilité, c'est la capacité de tes emails à arriver dans la boîte de réception plutôt que dans le dossier indésirables. Et depuis les nouvelles règles de Gmail et Yahoo, elle ne se laisse plus improviser. Voici comment poser des fondations propres pour que tes emails soient vus, avant de te battre sur le contenu.

Délivrabilité email SaaS : le prérequis qui décide de tout ton ROI
La délivrabilité, ce n'est pas « est-ce que mon email est parti », c'est « est-ce qu'il a atterri au bon endroit ». Un email peut être envoyé, accepté par le serveur destinataire, et malgré tout finir dans le dossier spam où personne ne va jamais le chercher. Pour un fondateur qui compte sur l'email pour décrocher ses premiers clients, c'est la différence entre une campagne qui rapporte des rendez-vous et une campagne qui parle dans le vide.
Et le problème est plus courant qu'on ne le croit. En moyenne, seulement 83 % environ des emails légitimes atteignent réellement la boîte de réception, d'après les benchmarks compilés par MailReach. Autrement dit, près d'un email sur six manque sa cible avant même d'avoir une chance d'être lu. Chez certaines messageries comme Microsoft, le taux tombe encore plus bas. Ce sont des rendez-vous que tu perds sans jamais voir la cause.
~83 %
Des emails légitimes atteignent l'inbox
1 sur 6
Emails qui manquent la boîte de réception
0,3 %
Taux de plaintes qui te fait bloquer
La bonne nouvelle, c'est que la délivrabilité n'est pas une loterie. C'est un système de signaux techniques et comportementaux que tu contrôles presque entièrement. Trois leviers font 90 % du travail : l'authentification (prouver que c'est toi), la réputation (montrer que tu es un expéditeur sain), et le warm-up (monter en volume progressivement). On les prend un par un.
SPF, DKIM, DMARC : les trois signatures qui prouvent que c'est bien toi
Quand un email arrive chez Gmail, la première question posée n'est pas « est-il intéressant », mais « est-il légitime ». Les messageries veulent savoir si l'expéditeur est bien qui il prétend être, pour bloquer l'usurpation et le phishing. Tu réponds à cette question avec trois enregistrements DNS, à poser une seule fois sur ton domaine.

| Protocole | Ce qu'il fait | Sans lui |
|---|---|---|
| SPF | Liste les serveurs autorisés à envoyer en ton nom | N'importe qui peut usurper ton domaine |
| DKIM | Ajoute une signature qui prouve que le message n'a pas été altéré | Ton email peut être marqué comme non fiable |
| DMARC | Dit aux messageries quoi faire si SPF ou DKIM échoue | Aucune règle : traitement au cas par cas, souvent défavorable |
Ce n'est plus optionnel. Depuis février 2024, Google et Yahoo exigent que les expéditeurs en volume authentifient leurs emails avec SPF et DKIM, et disposent d'un enregistrement DMARC, faute de quoi les messages sont rejetés, comme le détaille Valimail sur les nouvelles exigences des messageries. Le seuil officiel de « volume » commence à 5 000 emails par jour vers des comptes Gmail, mais le message est clair pour tout le monde : sans authentification, tu joues contre toi.
Le piège du sous-domaine oublié
Si tu envoies depuis un outil tiers (une plateforme de cold email, ton CRM, ton service transactionnel), chacun a besoin de figurer dans ton SPF et de signer en DKIM. Un outil ajouté après coup et non authentifié suffit à faire échouer tes DMARC et à envoyer tes emails en spam. Vérifie chaque expéditeur, pas seulement ton domaine principal.
Réputation d'expéditeur : le vrai juge de ta délivrabilité
L'authentification prouve que c'est toi. Elle ne prouve pas que tu es un bon expéditeur. C'est le rôle de ta réputation : un score invisible que chaque messagerie t'attribue selon la façon dont les gens réagissent à tes emails. Ouvertures, réponses, et surtout plaintes et suppressions sans lecture. Un expéditeur à bonne réputation passe ; un expéditeur qui génère des plaintes finit filtré, même parfaitement authentifié.
Le signal le plus dangereux, c'est le taux de plaintes (les gens qui cliquent « signaler comme spam »). Google est explicite sur son seuil : un taux de plaintes qui atteint 0,3 % entraîne le blocage, et il recommande de rester en permanence sous 0,1 %, comme indiqué dans ses propres consignes pour les expéditeurs. Concrètement, sur 1 000 emails, trois plaintes suffisent à te mettre en danger. C'est pour ça que le ciblage compte autant que le message : écrire à des gens que ton produit ne concerne pas, c'est fabriquer des plaintes.
La réputation se construit surtout par ce que tu ne fais pas : pas d'envois massifs d'un coup, pas de listes achetées, pas de contacts qui n'ont rien demandé et pour qui ton offre n'a aucun sens. Facilite aussi le désabonnement (un lien clair, en un clic) : quelqu'un qui se désabonne vaut mille fois mieux que quelqu'un qui te signale comme spam.
Le warm-up : pourquoi un domaine neuf finit toujours en spam
Voici l'erreur la plus fréquente chez un fondateur pressé : acheter un domaine le lundi, configurer un outil de cold email le mardi, et envoyer 300 messages le mercredi. Résultat garanti : le spam. Un domaine neuf n'a aucune réputation, et un pic de volume soudain depuis un expéditeur inconnu est exactement le comportement d'un spammeur. Les messageries le savent, et elles réagissent en conséquence.
Le warm-up (ou « chauffe ») consiste à monter le volume progressivement pour construire une réputation saine. Tu commences très bas, tu augmentes par paliers, et tu laisses les premiers échanges générer des signaux positifs (des réponses, des emails déplacés hors du spam).
Configure d'abord l'authentification
Utilise un domaine d'envoi dédié
Monte le volume par paliers
Vise la réponse, pas seulement l'envoi
La patience n'est pas une contrainte, c'est un investissement. Un domaine bien chauffé garde une bonne délivrabilité pendant des mois. Un domaine grillé par précipitation te coûte des semaines de récupération, quand il en récupère.
Les erreurs qui crament ta délivrabilité
Quelques réflexes, souvent bien intentionnés, suffisent à détruire tout le travail. Les repérer t'évite de les commettre.

Le volume avant la réputation est le tueur numéro un : envoyer beaucoup, vite, depuis un domaine froid. Ensuite viennent les emails bourrés de liens et d'images, qui ressemblent à des newsletters commerciales et déclenchent les filtres ; au démarrage, un email texte sans lien passe bien mieux. Le troisième piège, ce sont les listes non ciblées : plus tu écris à des gens que ton produit ne concerne pas, plus tu récoltes de plaintes et de non-ouvertures, les deux signaux qui coulent ta réputation.
Ma checklist délivrabilité avant d'envoyer
0 / 6Enfin, surveille tes résultats. Un taux de réponse qui s'effondre sans raison, c'est souvent un signal de délivrabilité, pas de message. Teste régulièrement où atterrissent tes emails (des outils gratuits te montrent si tu tombes en boîte de réception ou en spam chez les grandes messageries) avant de conclure que « le canal ne marche pas ».
Par où commencer cette semaine
La délivrabilité n'est pas un sujet à part : c'est le socle de tout ce que tu envoies. Une fois tes fondations propres, tu peux te concentrer sur ce qui fait vraiment la différence, à savoir le ciblage et le message. Pour la structure du message qui obtient des réponses, lis notre guide du cold email SaaS. Pour organiser tes envois dans une vraie démarche, appuie-toi sur nos ressources sur la prospection commerciale SaaS et l'email marketing SaaS quand tu passeras aux séquences.
La vraie question, avant de plonger dans les enregistrements DNS, reste celle-ci : l'email est-il seulement le bon premier canal pour TON produit et TON prix ? Réponds à deux questions et on te montre par où démarrer, avec un plan d'acquisition adapté à ta situation.
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