Isidore Mikorey-Nilsson
Expert agentic dev et distribution SaaS : il construit les outils d'acquisition qu'il déploie pour les fondateurs de SaaS.
Recommandations issues de notre méthodologie éditoriale.
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À retenir
- Le vibe coding règle le « construire », jamais le « vendre » : coder vite ne crée pas de clients.
- La plupart des SaaS qui échouent le font faute de marché, pas faute de code.
- Le bon ordre après le MVP : un problème clair, 20 prospects nommés, un seul canal à fond.
Un quart des startups du dernier batch de Y Combinator ont un code généré à 95 % par une IA, selon le managing partner Jared Friedman relayé par TechCrunch. Autrement dit : construire un SaaS n'a jamais été aussi rapide. Le vibe coding, cette façon de décrire ce que tu veux en langage naturel pour qu'une IA écrive le code, a fait tomber la barrière technique.
Et pourtant, la question qui te tient éveillé n'a pas changé d'un pouce : où sont mes clients ? Tu as un produit en ligne, propre, fonctionnel. Le compteur d'utilisateurs, lui, reste bloqué à zéro. C'est le paradoxe du vibe coding : il rend le produit facile et laisse intact le seul problème qui compte vraiment au démarrage, la distribution.

Le vibe coding a résolu le « construire », pas le « vendre »
Il faut le dire clairement, parce que personne ne te le dit : sortir un produit n'a jamais été le vrai problème d'un SaaS au démarrage. Le vrai problème, c'est de trouver assez de gens qui ont le problème que tu résous, et de leur parler.
La donnée la plus dure du secteur le rappelle depuis des années. D'après l'analyse de centaines de post-mortems par CB Insights, la première cause d'échec des startups, à 42 %, c'est l'absence de marché : un produit construit que personne ne voulait assez pour payer. Devant le manque de trésorerie, devant la concurrence. Le vibe coding ne touche pas à cette statistique. Il te fait juste arriver plus vite au moment où tu découvres si quelqu'un veut ce que tu as construit.
Tu n'as pas un problème de produit. Tu as un problème de distribution.
C'est exactement le piège que Peter Thiel décrit dans Zero to One : les fondateurs surinvestissent dans le produit et sous-investissent dans la distribution, parce que le produit est ce qu'ils contrôlent. Le vibe coding amplifie ce biais. Comme construire coûte désormais un week-end au lieu de six mois, la tentation d'ajouter, de peaufiner, de refaire, devient énorme. Et pendant ce temps, personne ne parle à un client.
Ce que le vibe coding change (et ce qu'il ne change pas)
Regardons les chiffres en face, parce qu'ils dessinent une opportunité réelle, à condition de ne pas se tromper de combat.
84 %
des développeurs utilisent ou comptent utiliser l'IA pour coder
25 %
des startups YC ont un code à 95 % généré par IA
66 %
citent « le code IA presque bon, mais pas tout à fait » comme frustration n°1
Les deux premiers chiffres viennent respectivement de l'enquête développeurs 2025 de Stack Overflow et du même point YC. Le troisième aussi vient de Stack Overflow, et il est précieux : même quand l'IA écrit ton code, elle t'amène à « presque bon », rarement à « fini et robuste ». Traduction pour toi : le vibe coding te donne un MVP crédible en un temps record, mais il ne te donne ni un produit fini, ni un seul utilisateur.
Ce que ça change vraiment, c'est le rapport de force. Avant, savoir construire était un avantage compétitif. Aujourd'hui, tout le monde peut sortir un produit correct. L'avantage se déplace donc entièrement vers ce que l'IA ne fait pas à ta place : comprendre un marché, choisir un canal, écrire un message qui accroche, tenir une conversation de vente. La distribution devient le nouveau code.
Erreur fréquente
Le réflexe quand on sait faire sortir un produit vite, c'est d'en sortir un deuxième, puis un troisième. Multiplier les MVP générés par IA ne remplace pas le fait d'en distribuer un seul correctement. Un produit distribué bat dix produits parfaits que personne ne connaît.
Le piège du fondateur qui vibe-code
Il y a un moment très précis où beaucoup de projets se perdent. Ton produit tourne, la démo passe, tu te sens productif. Alors tu retournes dans ton éditeur, parce que c'est là que tu es à l'aise et que l'IA te donne un feedback immédiat et gratifiant. Ajouter une feature, c'est concret. Aller parler à un inconnu qui risque de dire « non merci », c'est inconfortable.
Sauf que la feature de plus ne te rapproche pas d'un client. Elle t'en éloigne, parce qu'elle te donne l'illusion d'avancer. Le vrai signal que tu attends, ce n'est pas « le code compile », c'est « quelqu'un a sorti sa carte bleue ».

La sortie du piège tient en une phrase : impose-toi un ratio. Pour chaque heure passée à améliorer le produit, une heure passée à parler à des gens qui pourraient l'acheter. Au tout début, ce ratio devrait même pencher vers la distribution, parce que c'est là que tu apprends ce que le produit doit devenir. Tes premiers clients ne sont pas des acheteurs, ce sont des professeurs qui, en plus, paient.
De ton produit généré à tes premiers clients : la marche à suivre
Voici la séquence concrète à dérouler une fois que ton SaaS est en ligne. Elle n'a rien de technique, et c'est bien le sujet.
Écris le problème en une phrase
Liste 20 prospects nommés
Ouvre 5 conversations cette semaine
Fais une offre simple au plus chaud
Choisis un seul canal et tiens-le 30 jours
Par où distribuer selon ton produit
Le vibe coding ne change pas les règles de la distribution, mais il change ton point de départ : tu as déjà quelque chose à montrer. Autant t'en servir pour choisir le bon canal plutôt que de te disperser.
| Ta situation | Canal à tester en premier | Pourquoi |
|---|---|---|
| Cible B2B identifiable (rôle, secteur) | Outbound direct (LinkedIn, cold email) | Tu vas chercher chaque prospect à la main, feedback rapide, panier élevé |
| Produit très visuel ou grand public | Communautés et démos publiques | Une capture ou une démo générée vite se partage, la preuve fait le travail |
| Sujet que tu maîtrises et sais expliquer | Contenu et SEO | Lent mais composé, chaque page travaille pour toi pendant des mois |
Tu n'as pas à trouver « le » canal parfait du premier coup. Tu as à choisir le premier, celui qui colle à ton produit et à ta cible, et à lui donner un vrai mois d'effort avant de juger.
Ma semaine post-vibe-coding
0 / 5Coche au fur et à mesure. L'objectif n'est pas la perfection, c'est d'avoir bougé sur les cinq lignes d'ici vendredi, pendant que ton réflexe voudrait te ramener dans l'éditeur.
Faire du vibe coding une vraie force
Le vibe coding est une chance réelle : il te permet de tester une idée en quelques jours, d'itérer sur du concret avec tes premiers utilisateurs, et de ne plus jamais rester bloqué sur « je ne sais pas construire ça ». Utilisé dans le bon ordre, c'est un accélérateur. Utilisé comme refuge pour éviter la vente, c'est un piège confortable.
La bonne mentalité : ton produit généré par IA n'est pas la fin du travail, c'est le ticket d'entrée. Il te permet d'arriver plus tôt à la seule question qui décide de ton avenir, celle du marché. Traite chaque conversation client comme la vraie fonctionnalité que tu construis cette semaine.
Pour aller plus loin, garde le cap dans le bon ordre : pose des fondations propres avec notre guide pour créer un SaaS, attaque la distribution avec la méthode pour trouver tes 10 premiers clients SaaS, et sers-toi de ces premières ventes pour valider ton product market fit SaaS avant de penser à scaler.
Quel canal pour TON SaaS ?
Deux questions, et on te montre ton canal idéal, avec ton plan d'acquisition complet.
Tu vends à…
Ton SaaS est codé. Et maintenant, tu le vends comment ?
Réponds à deux questions et repars avec le canal par lequel commencer, adapté à ton produit et à ta cible.
Questions fréquentes
- Le vibe coding suffit-il pour lancer un SaaS ?
- Le vibe coding suffit pour construire le produit, pas pour le vendre. Il te fait gagner des semaines sur le code, mais tes premiers clients viennent de conversations, d'un problème clair et d'un canal de distribution choisi. Un produit généré par IA sans distribution reste un produit sans clients.
- Faut-il savoir coder pour faire du vibe coding ?
- Non. Une grande partie des utilisateurs de vibe coding ne sont pas développeurs. Les outils actuels permettent de décrire ce que tu veux en langage naturel et d'obtenir une application fonctionnelle. Le vrai goulot n'est donc plus technique, il est commercial : trouver qui a le problème et comment l'atteindre.
- Quel est le principal piège du vibe coding pour un fondateur ?
- Ajouter des fonctionnalités au lieu de parler à des clients. Comme construire devient rapide et gratifiant, on itère sur le produit pendant des semaines sans jamais valider que quelqu'un paierait. Le piège classique : un SaaS impeccable que personne n'attend.